PSG : Neymar, récit d’un mois de février à l’envers – PSGInfos

PSG : Neymar, récit d’un mois de février à l’envers

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Ce samedi, Neymar assistera certainement à PSG-Dijon dans sa loge du Parc des Princes. Suspendu pour cette rencontre, le numéro 10 va ainsi clore un mois de février où il n’aura disputé que trois rencontres (PSG-Montpellier, Dortmund-PSG et PSG-Bordeaux). Bien loin de sa superbe de janvier et ses prestations de haut vol qui lui ont permis d’être sacré meilleur joueur de Ligue 1. Comme toujours depuis son arrivée à Paris au cours de l’été 2017, le passage entre les deux premiers mois de l’année civile aura constitué une bascule dans sa saison.

Cette fois-ci, elle s’est incarnée dans le talon gauche d’Arnaud Souquet, le latéral droit de Montpellier venu heurter le bas du dos de Neymar à la fin de la première période de PSG-Montpellier (5-0), le 1er février dernier. Ce jour-là, le meneur de jeu et attaquant rentre passablement énervé au vestiaire. Alors que certains observateurs s’attendent à son remplacement pour éviter une aggravation du coup reçu, le crack de Santos va reprendre le jeu et terminer la partie.

En conférence de presse d’après-match, Thomas Tuchel n’évoquera pas la blessure de son maître à jouer. Il faut dire que les questions tournent surtout autour du mécontentement de Kylian Mbappé lors de son remplacement et de l’anniversaire de Neymar le lendemain soir, soit 48 heures avant le déplacement à Nantes. « La sortie de Kylian aujourd’hui ou l’anniversaire de Ney, ça donne l’image que nous ne sommes pas sérieux. On peut avoir l’image qu’on n’est pas professionnels. », s’irrite l’entraîneur allemand en conférence de presse.

Son physiothérapeute en désaccord avec les médecins

Ces mots choisis n’auront que peu d’effet. Le dimanche soir, dès 21 h, le ballet des voitures est incessant devant le Yoyo, le club situé juste sous le palais de Tokyo. Les invités vêtus de blanc – le dress code de la soirée – et venus pour certains du Brésil s’abritent sous des parapluies avant de pénétrer dans la discothèque. Un vigile essuie le pavé avec une raclette pour éviter les glissades. Neymar arrive, lui, vers 21h50, chapeau blanc sur la tête siglé d’un des sponsors de la soirée. Rien dans son attitude, ni dans sa démarche, ne laisse imaginer une lésion aux côtes à même de l’handicaper.

Les participants de la soirée qui s’étirera tard dans la nuit décrivent d’ailleurs un Neymar plutôt alerte. Pourtant le lendemain, l’ancien Barcelonais ne figure pas dans le groupe qui va défier Nantes à la Beaujoire. Les examens publiés dans la soirée par le PSG ont révélé une « lésion chondro-costale », c’est-à-dire située entre l’os et le cartilage de la côte. En début d’après-midi, Thomas Tuchel n’a rien dit de cette blessure lors de sa conférence de presse d’avant match. Encore plus troublant, le staff communication du Brésilien annonce quelques minutes plus tard que celui-ci souffre d’une blessure mineure et sera de retour sur le terrain contre Lyon, dès le dimanche suivant.

Malgré son but inscrit à Dortmund, Neymar a regretté d’avoir abordé cette rencontre sans rythme./LP/Arnaud Journois
Malgré son but inscrit à Dortmund, Neymar a regretté d’avoir abordé cette rencontre sans rythme./LP/Arnaud Journois  

Les communicants du « Ney » sont en relation directe avec Bruno Mazziotti, un physiothérapeute brésilien proche de Neymar et intégré au staff médical du PSG. Avec ses compatriotes, le physiothérapeute Ricardo Rosa et le kinésithérapeute Rafael Martini, il fait partie de la garde rapprochée médicale du joueur le plus cher de l’histoire du foot (222 millions d’euros). Ces trois-là sont aux petits soins pour la star parisienne.

Débarqué à l’été 2018 en provenance de la sélection nationale du Brésil au sein de laquelle il officiait, Mazziotti ne partage pas les mêmes vues que les médecins du PSG. Pour lui, la blessure aux côtes de son poulain est bénigne et ce dernier sera rapidement sur pieds. Pour les docteurs du club de la capitale, la lecture du bilan médical est tout autre. Ils estiment que « la lésion chondro-costale » nécessite environ 13 à 14 jours de prévention avant une reprise pleine et entière de la compétition. Le temps d’écarter tout risque d’aggravation en fracture.

Un anniversaire bis à son domicile

Pourtant Neymar ne semble pas plus gêné que cela par sa douleur aux côtes. Le mercredi 5 février, la véritable date de son anniversaire, le joueur organise une grande fête à son domicile des Yvelines. Sur sa story Instagram, il publie une photo où on le voit partager le gâteau avec sa famille. Pourtant il manque un plan large pour voir que tous ses amis venus du Brésil sont restés à Paris pour l’événement. Dans le grand salon de la maison de Bougival, la musique résonne fort et les libations de certains convives vont bon train. Les tuniques blanches sont encore de rigueur.

Au cours de la soirée, Neymar s’autorise même un déhanché qui cadre mal avec sa blessure au dos et une thérapie efficace. D’ailleurs le lendemain après-midi, le Brésilien est de retour sur le terrain d’entraînement du camp des Loges. Il ne force guère, et le staff parisien ne lui autorise aucun contact. Mais cinq jours après le coup reçu face à Montpellier, Ney retouche le ballon quand certains spécialistes évoquaient 8 jours de repos et de soins avant une reprise complète. Dans son entourage certains décrivent une rémission complète. Pourtant le PSG ne souhaite prendre aucun risque et décide de le ménager pour la réception de Lyon. Thomas Tuchel a dans le viseur un retour aux affaires à Dijon, le mercredi suivant, en quart de finale de la Coupe de France.

«Nous ne sommes pas les porte-parole du PSG»

Aussi quand le Brésilien est annoncé forfait pour le déplacement en Bourgogne, l’entraîneur parisien se retranche derrière une décision du staff médical. « Si je pouvais décider seul, il aurait joué contre Lyon et aujourd’hui. Mais c’est une décision médicale car le risque est trop grand », lance l’Allemand, sans convaincre sur sa pleine adhésion à ce diagnostic. Le coach parisien trouble un peu plus les esprits quand il affirme qu’il n’est pas sûr à 100 % de pouvoir compter sur son meneur de jeu à Dortmund. Dans le clan Neymar, l’incrédulité prédomine. Car pour son entourage, la blessure n’existe plus. « Adressez-vous au club. Nous ne sommes pas les porte-parole du PSG », avance alors un proche sollicité.

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C’est cette même incompréhension dont fera état le joueur après la défaite à Dortmund (1-2). « Je voulais jouer, je me sentais bien, mais le club avait peur et c’est moi à la fin qui en souffre », expliquera-t-il après le match. Il faut dire qu’avec son aller-retour à Düsseldorf, le jeudi 13, pour faire la promotion d’une marque de jeans, Neymar n’a pas non plus mis toutes les chances de son côté. Leonardo le directeur sportif, en accord avec le staff médical, décidera finalement de ne pas emmener son génie brésilien à Amiens pour se remettre en jambes, trois jours avant la Ligue des champions. Excès de précaution? Peut-être même si le passé a dessiné le portrait d’un joueur fragile. Resté plus de deux semaines sans compétition, l’attaquant ne livrera pas un grand match laissant apparaître un léger déséquilibre pondéral.

Car même s’il a annoncé quelques jours plus tôt, non sans ironie, qu’il ne se rendrait pas cette année au carnaval de Rio, février est le mois de la fête pour le Ney. Deux jours après le déplacement à Dortmund, le Brésilien remet ça, cette fois, à l’occasion des anniversaires de Di Maria, Cavani et Icardi. Le dimanche qui suit, sa nervosité face à Bordeaux est palpable. Généralement peu averti, il écope de deux cartons jaunes et est expulsé en toute fin de rencontre. La commission de discipline de la Ligue se limitera au match automatique de suspension. Mais pour Neymar, il est temps que mars pointe le bout de son nez.

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