Mon PSG à moi : pour Nenê, «si Neymar ramène la Ligue des champions, il peut dépasser Rai» – PSGInfos

Mon PSG à moi : pour Nenê, «si Neymar ramène la Ligue des champions, il peut dépasser Rai»

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A 39 ans, Nenê évolue toujours au plus haut niveau au Brésil avec Fluminense. Il évoque son aventure de deux ans et demi à Paris et se montre toujours aussi percutant face au micro que ballon au pied.

Comment résumeriez-vous votre aventure au PSG ?

NENÊ. C’est vraiment le meilleur moment de ma carrière. Pendant un peu moins de trois ans, j’ai eu une régularité incroyable. J’ai fini deux fois meilleur buteur du club, meilleur buteur du championnat avec Giroud alors qu’il était attaquant et moi milieu (NDLR : auteur de 21 buts, Giroud a été sacré, car il avait tiré moins de penalties). Je n’avais jamais autant marqué, fait autant de passes décisives, signé de telles performances et vécu de tels moments avec les supporters. Je me suis régalé à Paris. Aujourd’hui encore, je sens l’amour des supporters, ça me touche.

Il faut dire que lorsqu’on est transféré de Monaco à Paris, on change d’ambiance dans le stade…

La différence est énorme avec Paris et le changement a été brutal. Et surtout, il ne fait aucun doute pour moi que le public du PSG est le meilleur de France.

Qu’est-ce qui fait que vous étiez si bien à Paris ?

Dès le début je me suis senti comme à la maison. Mes coéquipiers, les dirigeants, le staff, tout le monde m’a accueilli de manière extraordinaire. Les Brésiliens ont une histoire spéciale avec le PSG. Je me suis senti aimé d’entrée, ça m’a donné la force et la confiance pour vaincre avec un club qui ne sortait pas de sa meilleure période. Ça faisait un moment que le PSG ne jouait plus la Ligue des champions et ne rivalisait plus avec les grosses cylindrées du championnat. Venir à Paris était pour moi une opportunité unique de marquer une petite partie de l’histoire du club. Je l’ai saisie à pleines mains et grâce à Dieu tout s’est bien passé.

A quel point ce club a-t-il marqué votre vie ?

Le PSG était déjà un très grand club. Mais enfiler le même maillot que Rai et Ronaldinho, mes deux idoles, ça te marque à vie. C’est un moment qui restera à jamais dans ma mémoire. Pour être franc, même avant d’arriver à Paris, je pensais déjà à ce moment et ça me faisait quelque chose. Au-delà de toutes les autres, revêtir ce maillot était une de mes motivations à rejoindre Paris. Il y avait trop de choses qui collaient entre nous pour ne pas que j’y aille. Il fallait qu’on se rencontre, c’était notre destin. Ma vie n’aurait pas été la même si je n’étais pas allé au PSG, je n’aurais pas été aussi complet que je le suis.

Quel est votre meilleur souvenir ?

Mon premier match au Parc des Princes, j’y avais marqué mon premier but (NDLR : le 7 août 2010 contre Saint-Etienne). Et puis il y a mon premier but, aussi, avec le numéro 10 dans le dos. Ça représentait beaucoup pour moi. Porter ce numéro là après Rai et Ronaldinho, avait une vraie signification. C’était un honneur incroyable, un moment inoubliable.

Nenê avec Guillaume Hoarau et Kevin Gameiro en février 2012./LP
Nenê avec Guillaume Hoarau et Kevin Gameiro en février 2012./LP  

Si on vous demandait de nous révéler une anecdote…

(il s’esclaffe) Oh il y en a tellement. Notre groupe était génial, on se chambrait tout le temps avec Guillaume (Hoarau), Jallet, Sylvain (Armand), Makékélé et Giuly. Ça fait longtemps, mais p… c’était bien! Je me souviens de nos dîners chez les uns et les autres où Guillaume faisait le Bob Marley. Un jour, d’ailleurs, Carlo Ancelotti nous a fait la gueule (sic) à cause d’un de ces repas. Pas parce qu’on avait organisé un barbecue, mais parce qu’on ne l’avait pas invité (rires). Lui ne se considérait pas comme notre patron. Il voulait toujours être avec nous dans les dîners. C’est vrai qu’il était sérieux, mais en même temps tellement humain et si drôle… Moi je l’appelais « cabeça de melancia » (NDLR : tête de pastèque) (il s’esclaffe). C’est lui qui m’avait dit que Toninho Cerezo (NDLR : milieu défensif brésilien) l’avait surnommé comme ça à la Roma. Du coup, je l’appelais tout le temps comme ça moi aussi.

Vous aviez donc de très bonnes relations avec Ancelotti, malgré la fin prématurée de votre histoire parisienne…

Oui, on a toujours eu de très bons rapports. Lui, d’ailleurs, ne voulait pas que je parte… Disons que c’est la décision que j’avais prise à l’époque, je ne sais pas si j’aurais fait le même choix aujourd’hui. Parfois tu dois prendre des décisions, penser à ta famille… Je n’ai pas de regrets, mais si ça devait se reproduire, peut-être que le scénario serait différent.

Cela signifie que cette séparation a été une déchirure ?

Ça a été un peu triste, oui. Les supporters ne croyaient pas que je partirais. Moi non plus d’ailleurs. Partir a été la décision la plus difficile à prendre et mes adieux ont vraiment été un moment déchirant. J’aimais le club, les supporters… du coup ils se sentaient mal pour moi et moi je me sentais mal pour eux. J’adorais le groupe, mes coéquipiers. Même Ibra, je m’entendais très bien avec lui. En fait, il n’y avait rien qui m’obligeait à partir. C’est ce qui a rendu les choses encore plus dures.

Vous faites partie des privilégiés qui ont vécu le changement de dimension du club…

Oui, c’était spécial de connaître l’avant et l’après. Je n’aurais jamais pensé que le club atteindrait le niveau d’aujourd’hui. Bien sûr, on savait que le potentiel existait, qu’ils (NDLR : QSI, les nouveaux propriétaires) allaient améliorer le club, l’équipe, les structures. Mais jamais, à ce moment-là, je n’aurais pensé qu’il y aurait Neymar et Mbappé, qu’ils formeraient une telle équipe avec Di Maria, Thiago Silva, Verratti et les autres. On savait qu’ils allaient faire grandir le club, mais on ne savait pas à quel point. Là, il ne manque plus que la Ligue des champions.

Regrettez-vous de ne pas avoir 10 ans de moins pour jouer avec eux ?

Je ne regrette pas mon âge. Il n’y a qu’en France qu’on pense qu’un joueur est vieux à 32 ou 33 ans. La preuve, dix ans après, je joue encore ! Alors, bien sûr j’aurais aimé jouer avec les meilleurs du monde. Quel joueur n’aimerait pas jouer avec Neymar et Mbappé ? Mais le temps fait bien les choses. A chacun sa période. Je trouve que la mienne était idéale pour vivre mon aventure à Paris.

Quel joueur vous a le plus marqué ?

Marco Verratti ! Il a des qualités incroyables, tellement au-dessus des autres. Il est froid, chirurgical. Quand je l’ai côtoyé, il avait 19, 20 ans, pourtant il dribblait dans la surface comme dans un match de quartier (rires). Je pourrais parler d’Ibra aussi…

Ibrahimovic ? On avait pourtant l’impression que vos rapports étaient compliqués…

Ibra, c’est sa manière d’être, très sérieuse, ou ses blagues et sa façon de dire je suis comme-ci ou comme ça, qui sèment le trouble. Rien que sa force et son nom obligeaient les autres à s’améliorer. C’était bien. Parfois, tu as l’impression qu’il dépasse les bornes. Mais au fond, c’est une bonne personne. Il a du caractère, n’aime pas perdre, c’est normal, comme moi! Mais il est beaucoup plus sympa que ce que les gens pensent.

Pour Nenê, « Ibra est beaucoup plus sympa que ce que les gens pensent »./LP
Pour Nenê, « Ibra est beaucoup plus sympa que ce que les gens pensent »./LP  

Quel est le plus grand Brésilien de l’histoire du PSG ?

Oh, il y en a eu un paquet, p… Je pourrais parler de Neymar et de Ronaldinho. Mais Rai est celui qui a joué le plus longtemps à Paris et y a gagné le plus de titres. C’est lui le premier grand joueur brésilien de l’histoire du club. Pour le moment en tout cas. Si Ney réussit à gagner la Ligue des champions, ça peut changer la donne. Avec sa qualité technique il y peut y arriver. Il a tout gagné avec Paris, il ne lui manque que ça. Ce serait la première de l’histoire du club. Si Ney ramène la Ligue des champions à Paris, il peut dépasser Rai.

Il se dit que vous êtes de ceux qui lui ont conseillé de venir au PSG…

Oui… (il laisse un très long silence et éclate de rire). C’est pour ça que je veux qu’il gagne la Ligue des champions ! Pas tant pour lui, mais pour le club, pour Nasser (Al-Khelaïfi), pour les supporters qui attendent depuis trop longtemps… Tous le méritent ! Mais pour lui aussi, bien sûr. Ça me ferait plaisir de lui dire : « Tu vois, je t’avais dit ça et c’est arrivé ! » Ça serait la preuve que je suis de bon conseil (rires).

Comment expliquez-vous le lien particulier entre le PSG et les footballeurs brésiliens ?

Les Brésiliens sont historiquement les joueurs les plus techniques. Au-delà de ceux qui font gagner les matchs, le public parisien aime le spectacle, notre façon de jouer vers l’avant et de transmettre notre joie de jouer aux tribunes. On est fait pour se rencontrer.

Quel est pour vous le plus grand joueur étranger de l’histoire ?

Pour moi c’est Pauleta! C’est un des plus décisifs. On peut parler d’Ibra, de Cavani qui détient le record de buts. Mais il est resté plus longtemps et avait une équipe bien plus forte autour de lui. Pauleta n’a pas bénéficié de tout ça. Il a, pour moi, plus de mérite.

Vous arrive-t-il encore d’avoir la nostalgie du Parc ou de Paris ?

Bien sûr ! Quand je revois certains de mes buts passer sur les réseaux sociaux ou que je reviens au Parc, comme ça m’arrive presque chaque hiver… ça me rend à la fois nostalgique mais aussi très heureux d’avoir vécu tous ces beaux moments au PSG.

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