Ligue des champions : «Personne ne m’enlèvera cette finale», assure Kingsley Coman – PSGInfos

Ligue des champions : «Personne ne m’enlèvera cette finale», assure Kingsley Coman

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Dans la touffeur de Lisbonne, il a éteint, le 23 août dernier, les rêves continentaux du PSG d’une tête imparable (1-0). A 24 ans, le Bavarois Kingsley Coman a déjà tout gagné en club. Chez les Bleus, le meilleur semble encore devant lui, avec, en filigrane, un Euro 2021 vers lequel il tourne déjà des yeux emplis de convoitise.

Bien dans sa tête et dans son corps, le Parisien de naissance, très rare dans les médias cet automne, a répondu pendant plus d’une demi-heure à toutes nos questions. L’international (26 sélections, 5 buts) a ainsi épluché son actualité, plongé son regard dans le rétroviseur, dévoilant même, au fil de l’échange, quelques pans d’une personnalité affirmée mais un peu méconnue.

LA LIGUE DES CHAMPIONS, L’ANNÉE 2020, LA PANDÉMIE

Trois mois plus tard que vous reste-t-il de la finale de la Ligue des champions ?

KINGSLEY COMAN. Du temps s’est écoulé depuis cette finale. Une nouvelle saison a commencé. Je n’y pense pas au quotidien. Mais ça demeure, pour l’heure, le moment le plus fort de ma carrière. J’ai été blessé, j’ai travaillé dur pour revenir et c’est donc un jour que je n’oublierai jamais. Comme dans un rêve. Personne ne m’enlèvera cette finale ni à moi, ni à mon club.

C’était particulier d’affronter et d’inscrire le seul but du match face au PSG, votre club formateur ?

Avant et pendant le match, j’étais focalisé sur le Bayern et la victoire. Je ne voulais pas perdre de l’énergie en m’éparpillant. Mais j’ai grandi à Paris. Le PSG restera toujours mon club de cœur où j’ai passé 9 ans. Après la rencontre, quand j’ai mis le professionnalisme de côté pour laisser parler mes émotions, j’ai alors ressenti un peu de tristesse pour Paris, mais au moins le club s’était hissé en finale en réalisant de grandes choses.

Quel regard portez-vous, par ailleurs, sur cette année 2020 marquée par une crise sanitaire sans précédent ?

C’est une période particulièrement pénible où on se doit de composer avec de nécessaires entraves à notre liberté, à commencer par le port du masque et le respect des gestes barrière. On se rend encore mieux compte de notre statut de privilégié. Plus généralement, la pandémie est en train de changer le monde… générant de bonnes choses aussi comme de la solidarité entre voisins et à l’égard des soignants, de nouveaux liens familiaux, une prise de conscience sur de nouveaux enjeux, des bienfaits écologiques sur la planète…

Comment accueillez-vous l’annonce d’un futur vaccin ?

Avec beaucoup d’espoir, comme tout un chacun. Ça pourrait enfin nous permettre de tourner cette sombre page et de laisser sans regret 2020 derrière nous.

Etes-vous admiratif du travail du personnel soignant ?

Comment ne pas l’être ? On connaissait déjà leur importance et leur implication mais là on le crie haut et fort et ça c’est bien. Ils sont en première ligne. Ce sont les personnes dont on a le plus besoin en ce moment comme c’était le cas déjà au printemps. On leur avait alors rendu hommage avec les Bleus. On est toujours à fond derrière elles.

LES BLEUS, KIMPEMBE, RABIOT

Le report de l’Euro d’un an est un avantage ou un handicap pour les Bleus ?

On le saura l’été prochain. Il a fallu composer avec ce report et s’en accommoder. Toutes les nations ont été logées à la même enseigne. La saison est longue, nul ne peut savoir dans quel état physique on arrivera au tournoi final. J’ai confiance en notre force que ce soit en 2020 ou en 2021. Le groupe a suffisamment de talents pour aller au bout.

En club, vous avez tout gagné. Le Championnat d’Europe constitue clairement votre prochain objectif ?

Bien sûr. Je n’ai pas eu la chance de gagner la Coupe du monde. En 2016, on a vécu une belle expérience avec l’Euro en France, mais ça s’est mal terminé (NDLR : finale perdue contre le Portugal). J’espère ne pas rater la dernière marche cette fois. Un nouveau succès, après celui du Mondial, marquerait encore un peu plus notre supériorité sur ces dernières années.

Kingsley Coman, 26 sélections avec les Bleus mais absent lors du sacre en 2018, espère disputer le Mondial 2022./LP/Olivier Arandel
Kingsley Coman, 26 sélections avec les Bleus mais absent lors du sacre en 2018, espère disputer le Mondial 2022./LP/Olivier Arandel  

Vous avez digéré votre absence du Mondial 2018 ?

Ça n’a jamais été une blessure ou une déception. La douleur et la peine, je les ai ressenties le jour où je me suis blessé à une cheville en février 2018. J’avais tout mis en ordre dans mon football et dans ma vie pour participer cette compétition. Même si je suis revenu dans les délais, c’était trop tard pour prétendre y être. J’espère participer à la prochaine Coupe du monde.

Avez-vous le sentiment d’avoir franchi un palier en sélection ?

J’ai gagné en maturité dans mon jeu et dans ma vie. Ça se ressent sur le terrain. J’essaie de tendre vers davantage de variété et d’efficacité. Les buts sont devenus très importants ( NDLR : il a marqué cette semaine face à la Suède puis samedi contre Brême ). Donc je me fais violence, j’essaie d’être plus égoïste. J’ai, toutefois, encore une marge de progression. Mais c’est une évidence : le Coman de 2020 n’est plus celui de novembre 2015 lors de ma 1re sélection.

Ça fait quoi de se retrouver chez les Bleus avec Kimpembe et Rabiot, et parfois Ferland Mendy, vos amis d’enfance ?

C’est grand et ça démontre les qualités de cette génération. En me retournant, sur notre parcours, je ressens beaucoup de fierté. Il y a eu d’abord nos années de formation, et désormais notre histoire commune avec la sélection. Ce n’est pas banal. On n’est pas nombreux à devenir pros et encore moins à intégrer ensuite l’équipe de France. On est heureux de se remémorer nos souvenirs communs. Presnel est comme un frère pour moi.

Avec Paris comme en sélection, il n’a jamais paru aussi fort. Comment l’expliquez-vous ?

Il a eu toujours eu en lui cette âme de leader. Maintenant, il est capable de répéter des grandes performances. Voilà la différence majeure. Pour connaître son envie et son mental de compétiteur, je peux vous assurer que ça va continuer.

De retour chez les Bleus, Adrien Rabiot semble métamorphosé. Ça vous étonne ?

Pas vraiment. Je n’ignorais rien de son potentiel. Dans un club comme la Juventus toutes les conditions sont, en plus, réunies pour favoriser sa progression.

LE BAYERN, LE PSG, MBAPPÉ

Pourquoi le Bayern apprécie-t-il autant les joueurs français ?

C’est vrai, on est 6 avec Tanguy et Bouna (NDLR : Kouassi et Sarr). Le football français est une référence en Europe. Ce n’est pas un hasard si on a été finalistes de l’Euro, puis champions du monde. Le Bayern cherche à attirer les talents et apprécie la mentalité française.

Paris va jouer une partie de sa qualification face à Leipzig, mardi. Y a-t-il de vraies raisons d’être inquiet ?

Au match aller, Paris déplorait de nombreux absents. Sans Neymar et Mbappé, ce n’est pas la même équipe. Même si tout reste possible, ça doit, ça va le faire. Lors du Final 8, le PSG s’était largement imposé face à ce même adversaire (NDLR : 3-0).

Arrivé au Bayern en 2015, Kingsley Coman fait désormais partie des cadres du club bavarois./LP/Arnaud Journois
Arrivé au Bayern en 2015, Kingsley Coman fait désormais partie des cadres du club bavarois./LP/Arnaud Journois  

Auriez-vous votre place de titulaire dans le PSG actuel ?

Je ne préfère pas me hasarder sur ce terrain, ni me projeter dans une autre équipe. Je suis au Bayern et très heureux d’y être.

Etes-vous encore bluffé par Kylian Mbappé ?

C’est difficile de me surprendre, car j’ai joué et j’évolue avec de très grands joueurs. Kylian rassemble toutes les qualités techniques et un incroyable mental pour devenir l’un des meilleurs voire le meilleur au monde dans les années à venir.

L’HOMME, SES PASSIONS, SES ENGAGEMENTS

Vous possédez un palmarès XXL mais on vous connaît peu. Qui est vraiment Kingsley Coman ?

Quelqu’un de simple, humble et discret. Je suis très gourmand. J’aime notamment le sucré, les pâtisseries. A ce niveau-là, la France c’est le must. Sinon je fais très attention à mon alimentation, et je checke mon poids tous les jours. J’aime bien la mode aussi. J’ai d’ailleurs aussi des projets dans ce domaine, créer ma propre marque ou investir dans d’autres déjà existantes. Ça devrait aboutir bientôt. C’est nécessaire pour m’évader et ne pas penser seulement au football 24 heures sur 24. Quand tu es bien, ça passe encore, mais si certaines choses ne vont pas, et qu’on a trop la tête à son métier, on peut s’en trouver largement affecté.

Quelles sont les causes qui vous tiennent à cœur ?

Il y en a beaucoup mais je ne communique pas dessus normalement. Par exemple, au printemps avec Thomas et Anthony ( NDLR : Lemar et Martial, tous deux Antillais également ), on a fait un don au CHU de la Guadeloupe, pour les aider à lutter contre le coronavirus. Il nous semblait de notre devoir de venir en aide aux plus fragiles et aux plus démunis, de protéger les personnes âgées qui sont parmi les plus vulnérables face au virus, sans oublier les jeunes qui ne sont pas épargnés par la maladie. Je m’implique aussi auprès des collégiens de ma ville de Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne). Je tiens à ne pas trop en faire la publicité ou à l’exposer sur les réseaux sociaux. La vraie générosité de cœur, c’est aussi d’agir dans la discrétion. Je n’attends rien en retour. Chercher seulement à rassembler davantage de followers en se mettant en avant, ce n’est pas moi.

« Quand on peut dénoncer certaines choses non acceptables comme les violences raciales, il s’agit de le faire sans hésiter », confie Coman./LP/Arnaud Journois
« Quand on peut dénoncer certaines choses non acceptables comme les violences raciales, il s’agit de le faire sans hésiter », confie Coman./LP/Arnaud Journois  

Est-ce le rôle des sportifs de faire entendre leur voix sur des questions de société ?

On peut le faire, mais ça n’a rien d’une obligation. Chacun agit avec sa propre sensibilité. Il y a tant de combats à mener sur terre. A vouloir aller trop loin, on en arrive parfois à se disperser et on ferait mieux, alors, de se taire. Tout dépend des causes en somme. Après, on a une audience, on est écouté et quand on peut diffuser un message positif, ou dénoncer certaines choses non acceptables comme les violences raciales ou les atteintes à la démocratie par exemple, il s’agit de le faire sans hésiter. La couleur de peau ou la religion, il ne faut pas y toucher, même s’il y aura toujours des imbéciles.

A titre personnel, avez-vous été confronté au racisme, en Italie notamment, où les dérapages dans les stades sont nombreux ?

J’ai déjà fait l’objet d’insultes destinées surtout à me déconcentrer. Elles s’adressaient à moi, à ma famille, mais n’avaient pas un caractère racial. Même si c’est toujours regrettable, ça participe aux mauvaises habitudes. C’est entré par une oreille et sorti par l’autre aussitôt.

La place du sportif évolue. Avez-vous conscience d’être important et de plus en plus écouté notamment auprès des jeunes ?

Les réseaux sociaux ont changé la donne. Ils permettent de toucher beaucoup plus de personnes. Notre voix porte davantage. On peut s’exprimer dans l’instant, sans filtre, exprimer son ressenti. En tant que sportif professionnel très suivi sur les réseaux sociaux, on a un devoir d’exemplarité par rapport aux jeunes. Il m’arrive de discuter avec d’anciens joueurs. A leur époque, ils pouvaient sortir, se lâcher sans voir leur vie exposée sur Twitter ou Instagram. On est des personnes normales, mais quand tu fais la fête ça se sait. Et si derrière tu ne gagnes pas un match, on y voit une relation de cause à effet et tu es montré du doigt.

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